Il y a un mois nous faisions un article sur les GAFA, qui représentent les multinationales américaines qui dirigent l’économie mondiale aujourd’hui, elles sont les diminutifs de Google, Apple, Facebook et Amazon. Si ces noms là ne sont plus inconnus pour personne, connaissez vous leurs homologues chinois qui sont en train d’emprunter la même voix et qui comptent bien détrôner les inébranlables succursales américaines ? Entre les USA et la Chine est déclarée pour ce qui est de l’investissement dans le secteur des nouvelles technologies. L’année dernière Pékin a investit 65 milliards de dollars dans ce secteur quand Washington n’en a investit que 25 milliards, de quoi faire trembler les GAFA.

 

Qui sont ils ?

Le diminutif BATX représente Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, mais qui sont ces entreprises chinoises et que font elles ?

Baidu : C’est le Google chinois, il représente 700 millions d’utilisateurs et 66 % de ses parts de marché se trouvent en Chine. Ils ont aussi iQiyi qui est une plateforme d’activité et qui correspond au Netflix local avec plus de 60 millions d’abonnés. La valeur de Baidu ne cesse de croitre et sa capitalisation boursière atteint les 61 milliards de dollar en ce début d’année.

Alibaba : LE concurrent d’Amazon. Il s’agit du premier site de e-commerce chinois, sa capitalisation boursière se rapproche d’ailleurs de son homologue américain avec 486 milliards de dollars contre 600 milliards pour Amazon. L’écart se réduit d’année en année.

Tencent : C’est la firme qui concurrence Facebook, avec son application de messagerie WeChat qui correspond à Messenger pour le réseau social américain. WeChat c’est 1 milliard d’utilisateurs à travers le monde et le réseau social QZone n’a rien à envier au géant américain. La capitalisation boursière de la marque avoisine les 350 milliards de dollars.

Xiaomi : C’est le concurrent d’Apple, spécialisée dans la vente de smartphones, la part des ventes liée aux téléphones de Xiaomi est de 10 % du marché mondial. Ils sont à la quatrième place en terme de fabricants. Sa capitalisation boursière s’approche des 54 milliards d’euros.

La plupart de ces marques se sont développées après leurs concurrents américaines et s’en sont beaucoup inspirées pour ce qui est de la mise en place de leur business model. Aujourd’hui il n’est pas rare que les GAFA s’inspirent eux aussi de leurs concurrents chinois. Si ces marques ne sont pas encore aussi populaires chez nous que les GAFA, ce n’est pas un problème pour elles étant donnée le potentiel du marché asiatique qui est à leur disposition, (environ 1,5 milliards de chinois). Le moteur de recherche Google est d’ailleurs quasiment inexistant en Chine pour la simple et bonne raison qu’il ne répondait pas aux critères très restrictifs du gouvernement local. Cependant le géant américain prépare un retour sur le sol chinois avec un projet nommé « Dragonfly » qui tient compte des restrictions gouvernementales.


Les directives autoritaires du pays sont bien souvent un frein pour les BATX qui sont souvent un frein pour leur chiffre d’affaire. Exemple en octobre 2018 pour le groupe Tencent qui a du, en raison su 19e Congrès du Parti communiste chinois, remplacer sur sa plateforme de vidéos iQiyi les séries les plus importantes par des programmes patriotiques.

 

GAFA VS BATX 

Que ce soit pour le super puissances américaines ou chinoises, dans les deux cas ceux qu’on appellent les Big Tech ont une capitalisation boursière absolument astronomique. Elle constitue 4500 milliards de dollars à elles seules, ce qui est plus que le PIB de l’Allemagne.

Ils n’ont pas pour seul point commun le fait d’être sur des secteurs du digital, ils sont aussi tous très avancés dans le secteur du recherche et développement ainsi que des acquisitions dans les secteurs technologiques d’avenir. Ces gens ont construit leurs réputations sur le développement d’internet, mais elles sont aujourd’hui tournées vers des secteurs d’avenir comme le développement de l’intelligence artificielle, l’industrie automobile du futur, la santé, le deep Learning. Ce sont des entreprises qui changent profondément le mode de fonctionnement des sociétés actuelles.

Pour Pékin et Washington, ces avancées sont de véritables enjeux politiques, les « big tech » sont donc tout à la fois maitresses et victimes de ce système. Cette compétition économique met parfois les entreprises elles même en danger et leur importance que l’impact sur l’économie du pays tout entier peut être ressenti, cela vient du fait en parti de leur croissance monopolistique qui fait tout reposer économiquement sur leurs épaules. De nombreuses personnes en Europe et aux USA ne veulent plus laisser passer ce genre d’abus et exigent une régulation supplémentaire. Dans le pire des cas, les enquêtes pour de position dominante pourraient aller jusqu’au démantèlement de ces superpuissances.

 

Leurs forces et faiblesses sur la scène internationale 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces entreprises son assez peu expansionnistes et peu tournées vers l’extérieur. Pour Tencent et Baidu par exemple, leurs activités à l’international ne représentent que 4% de leur chiffres d’affaires. Pour Alibaba c’est seulement 8%. Seulement 58 % des ménages chinois avaient accès à internet en 2018, en revanche le niveau de vie des chinois est en pleine expansion, ce qui signifie que le nombre d’usagers sera grandissant dans les années à venir, il en est de même pour le montant de leurs dépenses.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces entreprises sont assez peu expansionnistes et peu tournées vers l’extérieur. Pour Tencent et Baidu par exemple, leurs activités à l’international ne représentent que 4% de leur chiffres d’affaires. Pour Alibaba c’est seulement 8%. Seulement 58 % des ménages chinois avaient accès à internet en 2018, en revanche le niveau de vie des chinois est en pleine expansion, ce qui signifie que le nombre d’usagers sera grandissant dans les années à venir, il en est de même pour le montant de leurs dépenses.

De part la facilité d’accès de leur marché local, les entreprises locales n’externalisent pas tellement leurs offres et ne pensent pas à l’expansion internationale, notamment en ce qui concerne les compétences linguistiques. Peu à peu les BATX commencent à s’ouvrir vers le marché extérieur mais les qualifications manquent aussi bien dans le milieu académique que professionnel.

 

Ce problème d’expansion est aussi du au fait que l’écosystème chinois est pour l’instant encore inférieur à celui de leur homologue américain. Il serait difficile pour les BATX de détrôner les GAFA aujourd’hui sans amener quelque chose de plus haut de gamme, cela serait pour eux un véritable gouffre financier. Pour ce qui est des secteurs d’avenir, la encore, les marques chinoises ont un léger retard sur leurs concurrents de la Silicon Valley.

Une autre difficulté pour les entreprises chinoises du digital sur le marché international est l’image de la Chine, assez dégradée aux yeux des autres pays. Certaines dérives, souvent liées à une expansion incontrôlée, l’usage systématique des données personnelles de tous les utilisateurs, mais aussi une crainte, le plus souvent fondée, sur la protection des données sensibles souvent liées à la gouvernance du pays. Tout ceci à contribué à créer un certain climat de méfiance vis à vis des gouvernements européens et américains envers les grands groupes chinois.

Cependant, ces entreprises ont aussi beaucoup de caractéristiques qui sont porteuses à l’international, et ce, surtout dans les pays en développement. La Chine à elle même vécu son développement au cours des dernières décennies, en grande partie grâce aux technologies numériques. C’est donc ce qu’elles espèrent faire subir aux pays en développement afin de leurs vendre leurs technologies pour cela.

 

Au niveau du long terme, la Chine semble difficilement pouvoir être une vrai menace pour les super puissances américaines. Pour plusieurs raisons, déjà de par la place qu’ils ont prit dans la culture populaire et dans nos vies de manière générale. Pendant que les Big Tech d’Amérique et de Chine s’affrontent, l’Europe reste le grand absent dans la course à la technologie. En absence de réelle unité politique à ce niveau la, l’écosystème se trouve fragilisé. L’objectif est donc maintenant de trouver les synergies possible que l’on peut trouver avec les technologies de premier rang américaines et chinoises. C’est notre seul moyen de continuer de bénéficier, et non de souffrir de la révolution numérique.