A une heure où le digital fait plus que jamais tourner le monde, apporte des innovations, permet de faciliter la vie d’un grand nombre de personnes, le handicap ne devrait plus rimer avec isolement mais avec autonomie. Ou en est la cause des personnes en situation de handicap aujourd’hui, leur situation est elle toujours autant complexe et préoccupante qu’auparavant ?

Quand handicap rime avec avancées

Paradoxalement, le handicap est souvent un moteurs d’innovations technologiques. Leur usage du digital est aussi développé que ceux des personnes qui ne le sont pas et beaucoup de technologies ont été inventées pour des personnes qui avaient un handicap ou des difficultés à faire telle ou telle chose au quotidien.

La télécommande par exemple qui a été conçue initialement pour pallier à une impossibilité de mouvement, son usage s’est démocratisé pour faire parti intégrante de tous les foyers d’aujourd’hui. Le but du digital est de tendre vers plus d’aisance et non plus de combler une incapacité. Le handicap a donc été ainsi le moteur qui a lancé la recherche de beaucoup d’innovations qui nous accompagnent aujourd’hui au quotidien.

Les personnes en situations de handicap peuvent souvent être exclues de certains domaines comme l’emploi ou les aménagements et les technologies qui leur étaient destinées peuvent rapidement s’en affranchir pour développer des produits qui dépassent le handicap jusqu’a arriver à un point ou ils ne le concernent même plus.

 

Digital et handicap

Les entreprises sont aujourd’hui dans l’obligation de pourvoir aux besoins de leurs employés qui sont en situation de handicap à partir du moment ou ces derniers en font la demande. Le fait est que tous les handicaps ne requièrent pas les mêmes aménagements et il en est de même sur le secteur du digital. Par exemple, l’informatique en général ne semble pas vraiment adapté au handicap mental car il s’agit d’une question de vocabulaire ou de mental. En revanche, grâce au digital, le braille ou à la synthèse vocale s’adaptent parfaitement aux personnes souffrant d’un handicap.

Afin d’adapter au mieux les technologies, l’idéal serait d’adapter les codes et les éléments directement avec les personnes concernées en fonction de leur handicap. Un établissement en France, l’ESAT (Etablissement de service d’aide pour le travail) tente de se charger de cette lourde tache mais le problème principal reste celui de la rentabilité et les entreprises ont parfois du mal à s’adapter et à suivre les directives en raison d’un coup élevé…

Cependant, la santé reste un pôle majeur de recherche au XXIème siècle et beaucoup d’autres entreprises tentent de mettre en oeuvre leurs ressources afin de se battre contre diverses pathologies ou maladies. L’association Visio Handicap travaille sur un projet pour permettre aux personnes malvoyantes ou aveugles de pouvoir bénéficier d’un guide pour communiquer grâce à une paire de lunette connectée à leur smartphone. Le MIT développe aussi une bague liseuse équipée d’une caméra et qui lit les mots qui sont donc parcourus par le doigt. (Nous y reviendrons plus tard)

Il y a aussi l’ingénieur Ami Goffer, tétraplégique qui a mit au point un exosquelette (Rewalk) qui a pour but de remplacer le fauteuil roulant par un mécanisme qui permet à la personne de marcher de nouveau. Cependant, même si ces projet sont porteurs d’espoir et d’avancée sur bien des niveaux, ils présentent aussi des limites sur plusieurs niveaux…

Les limites techniques…

Il est vrai de dire que ces innovations améliorent grandement le quotidien des personnes en situation de handicap, et ce, pour tous les types de handicap, mais le problème persistant et que ces solutions demeurent difficile à mettre en oeuvre du fait du grand nombre de contraintes auxquelles elles sont confrontées. Il s’agit tout de même de concevoir un système stable, fonctionnel, accessible à une personne. De plus, un grand nombre de ces systèmes s’avèrent être d’ordre mécaniques, ce qui signifie que ces technologies seront tôt ou tard exposées à des pannes, des usures.. Ce qui pose un problème à partir du moment ou l’on rend essentiel l’utilisation d’un tel produit pour une personne dans le besoin.

Malheureusement, certains handicaps restent hors de portée des technologies actuelles, soit la technologie n’est pas suffisamment avancée, soit la nature de la maladie ne nous permet pas de trouver des solutions à l’heure actuelle. On ne peut pas par exemple faire quelque chose pour empêcher la propagation de la maladie d’Alzheimer chez une personne, mais on peut mettre à sa disposition des tests de mémoire.

Les limites économiques…

Le nombre de personnes en situation de handicap est en hausse depuis ces dernières décennies, en cause le vieillissement de la population, la conséquences des guerres, les infections chroniques… Mais la demande reste disparate et, au niveau de l’Etat  pour motiver un investissement pour du cas par cas. Les solutions ne sont pas universelles et plus le problème est spécifique, moins la rentabilité potentielle motive les investisseurs. C’est un marché particulier qui manque de clients pour justifier un quelconque effort et qui a besoin d’un grand « public » pour justifier des tarifs plus abordables malheureusement et ce, même si le handicap touche toutes les tranches de la population. Les personnes les plus démunies n’ont pas les moyens souvent de bénéficier de ces investissements ou de ces avancées bien souvent en raison des facteurs sociaux et environnementaux.

Afin d’accélérer les recherches, les acteurs économiques se doivent d’agir ensemble et de manière la plus cohérente possible. Il se trouve que les couts sont très rapidement élevés en raison du personnel, des équipements mais aussi les produits qui en résultent. Si l’état est au coeur d’un apport financier c’est parce qu’il peut aussi permettre une sensibilisation de la population qui peut générer des levées de fonds. Mais malgré la bonne volonté générale des gouvernements, les problèmes économiques liés aux crises ou la lenteur des processus ne permettent souvent pas une action vraiment optimale.

La population peut elle aussi agir, mais aujourd’hui elle manque d’impact au niveau des dons majoritairement. Les organisations qui se plient aux solutions qu’on leur proposent semblent souvent portées par des motivations personnelles et altruistes. L’avantage essentiel de ces start-up ou même des universitaires c’est qu’ils sont en général assez loin de quelconques préoccupations vénales que peuvent avoir les grands acteurs de l’économie qui ne se montrent intéressés que si un marché de masse s’ouvre devant eux.

Les limites sociales…

En soit, la technologie ne s’attaque pas au coeur du problème du handicap, on est plus proche de l’aménagement pour la personne concernée, afin de lui compenser les « conséquences » de sa condition, mais on est bien évidemment loins de la guérison. A l’heure actuelle il est impossible d’affirmer la capacité de la technologie à résoudre de tels problèmes, elle n’est pas apte à débarrasser la personne en situation de handicap de son statut.

On déplace le problème et, bien que cela facilite l’intégration sociale des personnes touchées, cela ne peut pas pour autant cacher les spécificités de leur handicap, qui est souvent vécu de façon compliquée, surtout en ce qui concerne l’acceptation du regard des autres. De plus, le statut d’handicapé est parfois perçu à tord comme imaginaire ou exagéré afin de bénéficier de certains avantages. La technologie et les systèmes proposés peuvent être parfois évidents et la pression sociales se trouve accrue sur ces personnes. Il s’agit de troquer du confort contre de l’acceptation, dans un monde où l’on juge principalement sur l’aspect.

4 inventions qui ont fait bouger les choses

L’application pour réguler son taux de sucre

L’application Bionic Pancreas, mise au point par des chercheurs de l’université de Boston est connectée à un capteur sur le corps du patient, il va régulièrement effectuer des analyser et les transmettre à l’application. C’est cette dernière qui enverra un signal et commandera l’injection d’insuline ou de glucagon en fonction du besoin.

L’implant rechargeable sans fil

La plupart des problèmes et des complications encourues pour les personnes ayant eu recours à des implants chirurgicaux sont liés à des problèmes de recharge énergétique. A l’heure actuelle, les personnes disposant d’un stimulateur cardiaque devront se trouver dans l’obligation de se faire opérer de nouveau afin de recharger la batterie. Un nouvel implant à pour but d’éviter ce genre de désagréments. Cet implant sera rechargeable comme le sont aujourd’hui nos téléphones portables et le regain d’énergie apporté ne sera pas nocif pour l’homme. Il sera miniaturisé et pourra permettre de soigner des handicaps chroniques comme la migraine ou encore le diabète.

La bague liseuse pour les non-voyants

J’en ai parlé précédemment dans l’article, cette bague a été conçue par le MIT et est équipée d’une micro caméra en HD qui pourra reconnaitre les mots et les expressions qu’elle filmera. Ensuite, grâce à une synthèse vocale, ils seront analysés puis retranscrits. La personne malvoyante devra passer son doigt sur les lignes d’écriture avec son doigt, mais ceci peut parfois s’avérer complique, c’est pourquoi l’appareil est équipé d’un système de vibrations qui s’active si la personne sort de la ligne. La bague fonctionne aussi bien sur support papier que sur support numérique.

L’exosquelette

Celui la aussi j’en ai parlé précédemment dans l’article, beaucoup de personnes à mobilité réduite ont pu remarcher grâce à cette invention. L’exosquelette se greffe au corps humain comme une extension et s’apparente à des jambes robotisées.

Ce sont des attelles mécaniques qui vont prendre le rôle des muscles des jambes de la personne. Elle vont recréer le mouvement des muscles qu’elle remplace. La personne doit aussi se munir d’un sac à dos dans lequel un ordinateur va gérer tous les mouvements de cet exosquelette, il va même les anticiper. Chaque utilisateur disposera aussi d’une télécommande permettant de commander plusieurs fonctionnalités à l’ordinateur (se lever, marcher, s’asseoir).

Le dernier problème qui se pose est celui du long terme et de l’aboutissement de la dépendance à la technologie. La personne accoutumée se trouve plus facilement en proie à être dépendante de ce système ce qui la rendra d’avantage déstabilisée en son absence. L’absence peut être matérialisée par l’incapacité de la société à proposer des aménagements pour tous à tout moment. Cependant, il est important de remarquer que l’arrivée de la technologie à grandement changée la vie des personnes en situation de handicaps. Chaque année, de nouvelles innovations visent à améliorer leurs quotidiens et le duo médecine/technologie donne des résultats impressionnants qui laissent de grands espoirs pour les décennies à venir.